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Bruno Rodéo: Country, région et liberté

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Partis de Chicoutimi à 6h le matin même, puis arrivés à La Sarre neuf heures plus tard, Bruno Rodéo et ses musiciens étaient prêts, malgré l’ampleur des kilomètres parcourus, à enflammer la scène ambulante d’Au pays des pick-up de leurs rythmes countrys doublés d’une énergie sans pareille et d’une évidente complicité.

Bruno Rodéo et le contrebassiste Adam Gilbert

Originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, territoire dont il se revendique fièrement, Bruno Rodéo en était à son deuxième passage en Abitibi-Témiscamingue. Le premier, en 2021, avait pavé la voie pour un retour en force, puisque la réponse dans les trois endroits où il s’était commis avait été extrêmement positive.

L’ESPRIT DE LA RÉGION

L’enthousiasme des Témiscabitibiens pour la proposition de Bruno Rodéo et la facilité du contact avec ce public tombe sous le sens lorsqu’on s’attarde aux thèmes et aux valeurs exploitées par l’auteur-compositeur-interprète à travers son œuvre. Ça parle de swomp, de liberté, de fête, d’heures passées sur la route, de voir le beau dans la simplicité, le tout à travers des paroles et un parler authentiques. Bruno ne se gêne pas pour puiser dans les accents et les expressions de son coin de pays, bien au contraire, il en fait un devoir : « J’adore ça, j’aime les sonorités, comment on peut s’approprier notre langue par rapport à notre territoire. C’est notre identité, c’est tellement fort, il ne faut pas perdre ça. C’est tellement beau quand on voyage et qu’on entend les différents accents. Je suis fier de ça et j’aime ça le mettre de l’avant dans mes tounes. »

Facile, donc, pour les gens d’ici de se reconnaître dans la réalité comme dans l’imaginaire de Bruno, qui retrouve facilement ses repères dans le mode de vie régional : « J’viens du lac tsé, le bois, le quatre-roues. J’ai passé ma vie à faire de la moto, du quatre-roues, tout ça. Quand j’arrive chez nous c’est la liberté. C’est justement pour ça que les gens sont ici, ils savent comment on est ben pis on est libres. » Comme il l’affirme avec conviction dans une de ses chansons Pas d’saint-danger qu’il aille vivre à Montréal.

UN PARCOURS UNIQUE

On pourrait qualifier d’atypique le parcours de Bruno Rodéo (si seulement on savait ce qu’est un parcours typique). Celui qui a œuvré pendant 20 ans dans le milieu de la construction, bien que passionné et conscient de son talent musical, n’avait jamais osé se lancer dans une telle carrière. C’est un épuisement professionnel qui l’a mené à remettre en question ses priorités et son mode de vie pour choisir de se concentrer sur son projet artistique. D’abord Tout seul comme un rat, tel que raconté dans la pièce du même nom, Bruno s’est lancé sur les scènes de la province en homme-orchestre, assumant l’ensemble des responsabilités liées à sa carrière, un contexte qui, bien que cohérent avec son caractère polyvalent, engendrait une grande pression aux niveaux techniques et l’empêchait de profiter pleinement des plaisirs de la scène.

Maintenant entouré de son ami de longue date Pascal Beaulieu à la batterie et d’Adam Gilbert à la contrebasse, Bruno peut enfin se déplacer sur scène à sa guise, animer la foule comme il l’entend et vivre pleinement son trip, en totale adéquation avec ceux qui l’entourent. « J’ai la team parfaite, j’veux pas en avoir d’autre. »

Le batteur Pascal Beaulieu

Chose certaine, pour rien au monde Bruno n’échangerait sa carrière actuelle avec son ancienne vie : « Je travaille comme un fou, mais j’adore ce que je fais et surtout, je suis libre. »

LA FÊTE SE POURSUIT

À La Sarre, au deuxième jour de la toute première édition du FestiVAAM, plusieurs dizaines de personnes s’étaient réunies au Participarc pour profiter du soleil et découvrir le son festif de Bruno Rodéo. Celui-ci a offert un peu plus d’une heure d’un spectacle bien rempli, puisant dans l’ensemble de sa discographie et invitant le public à laisser libre cours à ses inspirations chorégraphiques. Celui qui dit faire son métier principalement pour faire vivre de beaux moments à son public peut dire mission accomplie, alors que plusieurs personnes ont pris le temps de le remercier sincèrement après que les dernières notes aient résonné.

Le public lasarrois était nombreux et diversifié.

Avec un dernier album intitulé Ok c’est beau, paru en mai dernier et très bien accueilli par la critique, Bruno semble heureux et confiant pour la suite des choses. À voir son calendrier de tournée, il n’y a aucun doute en ce sens. Le public rouynorandien aura d’ailleurs la chance de le découvrir le samedi 13 août, alors que l’emblématique pick-up s’arrêtera à Bellecombe à 20h.

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