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Au pays des pick-up avec Ramon Chicharron: La musique qui fait voyager

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Le jeudi 14 juillet, le soleil brillait bien haut sur l’Abitibi-Témiscamingue et le mercure avait dépassé les vingt-cinq degrés. On ne pouvait rêver mieux pour aller se déhancher sur les rythmes latins et caribéens (ou même congolais!) de Ramon Chicharron et ses musiciens, qui donnaient le soir-même à Vassan, en périphérie de Val-d’Or, le premier spectacle de leur tournée avec Au pays des pick-up. Bien que le groupe avait déjà voyagé dans quelques régions du Québec, aucun des membres n’avait déjà visité l’Abitibi-Témiscamingue. Nous les avons rencontrés à mi-chemin entre Rouyn-Noranda et Val-d’Or, sur un coin d’ombre à proximité du musée minéralogique de Malartic, juste après une (fort instructive) visite des lieux.

Ramon Chicharron et deux de ses musiciens ont profité de leur passage dans la région pour visiter le Musée minéralogique de Malartic, guidés par Jean Massicotte, directeur des lieux. Photo: Claudine Gagné 

Ramon qui?

Originaire de la Colombie, Ramon Chicharron s’est établi à Montréal il y a une quinzaine d’années. C’est d’ailleurs là-bas qu’il a rencontré les musiciens l’accompagnant pour cette tournée : Javier (guitare), Hector (basse) et Claudio (batterie), respectivement originaires de l’Argentine, du Venezuela et du Mexique. C’est que la musique de Ramon n’a pas de frontières; il multiplie d’ailleurs les collaborations avec les artistes d’origines et de bagages divers, un processus facilité selon lui par l’ouverture et le caractère cosmopolitain de Montréal: « Ça amène toute la richesse de chaque pays. À Montréal, on a ce privilège de pouvoir partager ça, c’est facile. Ce n’est pas partout que c’est aussi facile, mais à Montréal, il y a quelque chose de magique », exprime-t-il. L’effacement des frontières, ainsi que le mélange assumé des genres et des racines semblent porter fruit et mener vers un lieu de rassemblement commun, où convergent les expériences de toustes et chacun : « Avec les deux derniers albums qu’on a sortis, on a remarqué que même si les gens ne parlent pas espagnol, ils connectent quand même avec la musique, le côté rythmique. Ça montre que la musique peut parler une langue que tout le monde parle », appuie Ramon.

Ramon Chicharron et ses musiciens sur la scène d’Au pays des pick-up, à Vassan.

Son album Pescador de sueños a remporté de nombreux prix, dont le Félix – Meilleur album Musique du monde à l’ADISQ en 2021, une reconnaissance dont il constate les retombées par l’intérêt des festivals pour son projet et les dates de spectacles qui se cumulent au calendrier. Habitué des voyages et de la création sous le soleil d’Amérique du Sud, c’est toutefois dans les Laurentides que l’artiste s’est posé pour enregistrer Destello de estrellas, paru en 2022 : « L’inspiration était vraiment la forêt. C’est plus mystique. Il y a aussi le réalisateur qui vient de Montréal et qui amène plus un côté électronique », explique-t-il.

Fête au village

Sur le site du Festival Harricana de Vassan s’étaient rassemblées plusieurs dizaines de personnes, prêtes à se laisser emporter par des rythmes nouveaux. Les uns avaient apporté leur chaise de camping et les autres leur couverture de pique-nique. Certains faisaient le choix de rester debout pour laisser libre cours à leurs inspirations chorégraphiques. Il y avait là le tableau complet de la réussite remarquable à laquelle est parvenue Au pays des pick-up : réunir des gens de tous âges en marge des centres urbains (parfois dans des lieux où ils et elles mettent les pieds pour la toute première fois), souvent menés par la simple curiosité de découvrir un.e artiste dont le nom leur était encore inconnu une semaine plus tôt.

Les enfants ont aussi trouvé leur compte à travers cette soirée festive.

Si les spectateurs demeuraient plutôt calmes et attentifs pendant la première moitié de la prestation, l’apaisement et le bonheur d’être là se lisait sur tous les visages. Puis, il a suffi d’un cours de salsa express pour que le public se lève et que les corps se délient jusqu’à la « dernière » chanson (entre guillemets, car suivie d’un rappel demandé avec chaleur et enthousiasme). La fête s’est poursuivie une fois la prestation terminée, alors que les membres du groupe sont allés à la rencontre du public, que les enfants (et même les adultes) ont continué de lier des amitiés éphémères et que le soleil baissait doucement à l’horizon. Il s’agit peut-être là du plus grand charme de ces spectacles singuliers : la découverte musicale s’accompagne d’une découverte de l’autre.

En fin de concert, toutes et tous se sont laissés prendre au jeu et n’ont pu se retenir d’esquisser quelques pas de danse, même approximatifs.

L’aventure musicale d’Au pays des pick-up est loin d’être terminée! La prochaine tournée mettra en vedette Bruno Rodéo pour deux dates: le 10 août à La Sarre et le 13 août à Bellecombe. Soyez-y!

Photos: Fanny Joseph

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