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Abitibi-Témiscamingue – Montréal, en ski de fond 

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Une entrevue avec Guillaume RivestPartie 2 

Guillaume Rivest est parti de l’Abitibi-Témiscamingue le 11 février afin de se rendre à Montréal, en ski. Voilà une expédition d’environ 30 jours qu’il a préparée pendant 2 mois. Ses journées ressemblent à un « petit » 20 km de ski, 25 km si les conditions sont bonnes et 30 si elles sont exceptionnelles. En tout, l’expédition représente 650 km. On a chaud juste à y penser, n’est-ce pas ? Pendant son périple, des collaborateurs l’accompagneront. Parfois pour prendre des images vidéo et photos pour documenter l’expédition et d’autres fois pour lui tenir compagnie lors de certains tronçons de ce défi. Tourisme Abitibi-Témiscamingue, intrigué par ce projet ambitieux, a eu le bonheur de s’entretenir avec l’explorateur rural et urbain, des temps modernes. Voici la suite de l’entrevue… 

TAT : Outre le fait d’arriver en santé et en un morceau, As-tu des attentes par rapport à ton arrivée ? Est-ce qu’il a des objectifs que tu souhaites absolument atteindre ?

Guillaume : C’est drôle, je n’ai pas pensé à ça. Outre le fait que je vais faire ma chronique à Montréal, en personne. Il faut dire qu’en ce moment ce n’est pas possible de le faire dans les studios de Radio-Canada à cause des conditions sanitaires. Ce serait l’fun que ce soit possible dans un mois… Sinon, je n’ai pas d’attentes. (pause)

Je suis conscient que ce que je fais, ça a l’air gros. Il faut garder en tête qu’il y a des aventuriers Québécois qui ont fait des expéditions pas mal plus grosses que ça dans les dernières années. Mon but ce n’est pas de dire que ce que je fais est difficile et d’avoir un comité d’accueil à mon arrivée. Je suis loin de là. Ce projet est plus un objectif personnel. Je vois ça comme une première étape pour d’autres grandes expéditions. 

TAT : Est-ce que tes futures expéditions auront une saveur engagée ?

Guillaume : Ah oui! Je pense qu’on ne peut pas sortir l’environnement de l’homme. (rires) Il y a des expéditions que je trouve intéressantes et d’autres que je trouve un peu futiles dans l’exercice. Donc oui, il va toujours y avoir une morale.

Par exemple, l’expédition qu’on prévoyait dans l’Arctique devait porter sur les changements climatiques. Il s’agit d’un des secteurs le plus touché par cette catastrophe. Le réchauffement moyen là-bas est de 7 degrés contrairement à 1,1 pour la moyenne du globe. Si on a un levier de parole à travers une expédition, c’est important de l’utiliser à bon escient.

TAT : Est-ce que tu as des idoles ?

Guillaume : Non… je n’ai pas d’idole, mais il y a des gens que j’admire. Au Québec on est gâtés avec la présence de bons aventuriers et de bonnes aventurières. Je n’ai pas d’idole et je ne place pas une personne en particulier sur un piédestal. Les gens auxquels je pense sont plus des gens qui m’inspirent.  

TAT : On a hâte de t’entendre à ton retour, on a hâte de savoir si tu reviendras complètement zen parce que tu seras arrivé au bout de tes pensée ou chargé à bloc pour dénoncer quelque chose de précis.

Guillaume : Ah peut-être! On ne sait jamais! Je ne suis pas une personne qui est tellement revendicatrice, je ne veux pas que ce soit pamphlétaire comme expédition.

Ultimement, quand je pars en expédition longtemps, je m’ennuie des choses simples. Je m’ennuie de l’eau chaude qui coule du robinet, des gens que t’aimes, de partager un bon repas avec ma blonde ou mes ami(e)s. En général, ce sont les premiers besoins que je cherche à combler. Ces aventures aident à s’ancrer les deux pieds sur terre et à apprécier nos vies. On est vraiment chanceux. Après tout, c’est un luxe d’avoir le choix de me mettre dans une situation de misère contrôlée. J’ai le luxe de dire que je pars un mois en expédition alors que des gens se font imposer ce genre de conditions là.
 

Photo : Dominic McGraw

Honnêtement, l’expérience que j’ai vécu qui pourrait le plus ressembler à cette expédition c’est La Grande traversée. J’ai traversé l’Atlantique en voilier, dans le cadre d’une émission à Radio-Canada. Cette aventure a pris deux mois. Puis, quand je suis revenu, je me réveillais à 4h du matin à cause des quarts de travail qui commençait à cette heure-là sur le bateau. Une semaine après mon retour, j’étais revenu à une vie normale. Tout ça pour dire que je ne pense pas vivre une expérience transformatrice, mais sait-on jamais.

TAT : Tu es une personne très modeste, on te souhaite le meilleur pour cette expédition. Et… qu’est-ce qu’on te souhaite d’autres ?

Guillaume : Du plaisir, des réflexions intéressantes et du bon temps.

En finalité, c’est surtout l’aspect ludique qui m’intéresse. On n’a pas besoin d’être dans l’Arctique pour vivre une aventure, il faut juste sortir de chez nous. Si tu le remets en perspective, ce n’est pas une expédition qui est historiquement impressionnante. Si tu penses à de La Vérendrye et à Alexander McKenzie, ce sont des aventuriers qui sont partie pendant des années à des endroits qui n’étaient pas cartographiés. À l’époque, c’était plutôt commun des grandes expéditions comme ça. Gardons en tête que le matériel d’aujourd’hui est techniquement beaucoup plus performants. Quand on remet ces choses-là en perspective, mon expédition reste une aventure plutôt ludique. Je ne veux pas glorifier une autre époque, je veux juste mettre les choses en perspective.

L’aventure est à l’échelle individuelle. Pour moi l’aventure, c’est d’aller skier pendant 30 jours jusqu’à Montréal et pour quelqu’un d’autre ça peut être de faire le tour du lac Kiwanis en raquettes, et ça reste tout aussi valable. C’est vraiment en fonction d’où on est rendus et de ce qu’on peut faire. 

Guillaume est parti en ski de Rouyn-Noranda le 11 février dernier. Son but est de se rendre jusqu’aux studios de Radio-Canada et de faire sa chronique à l’émission Moteur de recherche, animée par Mathieu Dugal, en personne si les conditions sanitaires le permettent. D’ici là, Tourisme Abitibi-Témiscamingue est en contact avec lui, ainsi qu’avec un membre de son équipe. Reste à l’affût sur nos réseaux sociaux afin d’en connaître plus sur cette belle aventure! 

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