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Serge Bouchard…

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Bouchard est étymologiquement associé à « fort » et fort en gueule aussi !

À la bonne heure !

 

Cet homme nous a marqués.

Il m’a redonné une fierté que j’ignorais.

Je vais au dépanneur ou au garage et quelqu’un est là, masqué, et en deuil de cet écrivain fondamental.

Dans les murs souvent bringuebalants de notre Histoire nationale, Serge Bouchard est venu ajouter des briques essentielles.

Il a mis beaucoup de chair autour de l’os de notre Histoire.

Il a remis la rencontre avec les Amérindiens et leur culture au centre de la compréhension et de l’intelligence de qui nous sommes.

Il les a fréquentés, observés, admirés, aimés.

Dans sa compréhension des évènements, il a donné le vrai sens aux termes « Premières Nations ».

Raconteur intarissable, amoureux insatiable, il écrit « à la hache » !

Alors que sa compagne, Marie-Christine Lévesque, son colibri, repasse sur ses mots pour les polir. Duo remarquable.

 

Qui n’a pas au moins une fois entendu le récit d’une remarquable oubliée ?

D’un fou de nature parti vers les Rocheuses ?

De sa voix de basse lente, ses traits d’esprit, ses rires et ses silences…

Ce florilège de nos ancêtres, ces assoiffés d’espace et de liberté, ces coureurs des bois, ces découvreurs…

Oui, mais attention !

Serge Bouchard le répète sans cesse.

Ce pays était connu, habité, parcouru, cartographié dans la mémoire autochtone.

Ce pays de l’oral où la parole était précieuse et les amitiés devenaient GPS, dirai-je.

Serge Bouchard nous a ramené à la vie ces personnages inouïs, nous a rappelé ce devoir de mémoire incarnée.

Derrière chaque découverte, je devrais dire devant chaque découvreur, quelqu’un guide ! Quelqu’un offre sa route et ses repères, sans ce soucier, du moins au début, des intentions cachées.

 

Serge Bouchard m’a aussi fait rire. Et quelquefois d’une bon rire malicieux.

Il fallait l’entendre déboulonner notre Montcalm national, officier prétentieux et imbu, à la française, de lui-même et de son grade.

Lui qui, au lieu d’attendre les détachements de Vaudreuil et de Lévis, officiers capables nés au pays, rompus aux méthodes indiennes, en marche pour le rejoindre, s’est avancé seul, avec une armée incomplète, contre l’Anglais.

 

Et voilà la belle défaite !

 

J’ai aimé cet homme. Nous étions et sommes légion à aimer cet homme.

Nous, de l’Abitibi-Témiscamingue, l’aimons de façon plus viscérale parce qu’il nous aimait et nous vantait !

Il nous rendait fiers. Il nous visitait. Il fréquentait nos routiers et leurs gros camions, infatigables dévoreurs de kilomètres !

Tous les Anishnabegs l’écoutaient religieusement. Il leur redonnait espoir.

 

Tous ses livres sont des incontournables.

Des puits de poésie et de savoirs.

Des rendez-vous inoubliables.

L’écriture d’un farouche amoureux des êtres et des rencontres.

 

J’ai eu le privilège un jour, de vivre un face à face avec lui à la bibliothèque de Rouyn-Noranda. Oh bien court, ne soyez pas jaloux.

Je lui avais apporté quelques victuailles avant qu’il entre en conférence.

J’ai eu mon dix minutes et j’en ai profité, au lieu de le laisser  en paix, pour lui exprimer mon admiration particulière pour deux de ses livres. Ses deux « Bestiaires ».

 

Chefs-d ‘œuvres, ici, n’est pas une flagornerie de groupie.

Une façon géniale de raconter l’animal… Je suis l’ours, dit-il, je suis l’orignal, je suis le carcajou le lièvre, la perdrix… le lynx… et son texte coule, pénètre, envahit notre imaginaire…

Courez, galopez, bondissez vers cette écriture.

Faites lecture à vos enfants, vos amis, votre visite…

 

Serge Bouchard, l’Abitibi-Témiscamingue te remercie immensément !

 

– Paul Ouellet

Un commentaire

  1. Guy Girard dit :

    Je ne saurais lire de plus bel éloges, la plume ici vie et écrit ses émotions, le sujet arbore sûrement un large sourire d’où il est, sachant apprécier toute belles choses que, dirais-je ironiquement, la vie lui apporte.

    Je t’en remercie

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